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 FFME cd69 -- Comité du Rhône Montagne Escalade
   

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  • Déconventionnement, la réponse des comités territoriaux.
  • publié le 17/05/2020 à 20:19:49
  • Rubrique : escalade



  • Voici la réponse de Claude Vigier, FFME Isère, guide et équipeur encore en activité, pour laquelle le CT69FFME à co-signé.




    Les comités territoriaux de la FFME qui sont les organes opérationnels de proximité pour assurer les missions de la FFME ne peuvent pas rester silencieux après les divers articles parus dans la presse spécialisée dont certains s’apparentent plus à un réquisitoire qu’à une enquête journalistique sur les questions de responsabilités, d’assurance, de pérennisation des sites naturels d’escalade et du projet de résiliation de l’ancien modèle de conventionnement. J’exprime ici en accord avec le CT38 une réponse. Je tiens à remercier les revues qui ouvrent leurs pages à cette lettre.


     


    Alors oui, en privé, les auteurs de ces articles, des bons copains parfois, nous disent que ce n’est pas nous, acteurs de terrain, qui étions visés car on fait un « super boulot » dans nos départements mais c’est la fédération au niveau du national qui est incriminée.


     


    Ouf ! Nous sommes réconfortés, on a craint que les plusieurs centaines de milliers d’heures passés bénévolement par nos licenciés, nos clubs, aux côtés de nos techniciens salariés à équiper des centaines de sites, gratter, purger des kilomètres de rocher, parlementer, négocier avec les propriétaires, rencontrer les élus, participer aux commissions, groupes de travail, à défendre, préserver, s’opposer aux différentes restrictions contre notre activité, à rechercher, développer des financements, à informer, former les pratiquants, à promouvoir l’escalade en site naturel dans nos territoires n’aient servi à rien et soient effacées des compteurs.


     


    C’est bien cela le vrai bilan de la fédération pour les SNE. La politique fédérale en matière d’escalade repose sur les sites naturels, le développement des SAE et la compétition, les revues spécialisées ont ainsi du contenu à proposer à leurs lecteurs.


     


    Ce « détail » semble avoir été oublié dans les différents articles ou réactions publiés récemment. D’ailleurs remarquons que ces revues se font échos, omettent les mêmes points tout en exacerbant d’autres arguments, on aurait aimé plus de nuances et de diversité dans le traitement du sujet par le milieu très grenoblois de la presse spécialisée.


     


    Tout n’est pas faux dans ces publications, mais l’orientation univoque et le « bashing » outrancier posent question. Nous sommes donc confrontés à une tourmente. Nous craignons de voir notre sport amputé d’une partie de ses terrains de jeu, d’être privés ou limités d’escalade, les réactions s’embrasent, c’est compréhensible car tous les amoureux du rocher sont révoltés par cette menace de privation d’une liberté qu’est la pratique de l’escalade en site naturel.


     


    Alors, il faut des responsables, des fautifs ! Les prophètes à posteriori ont le beau rôle, on recherche la solution providentielle et comme pour le covid 19, le catastrophisme médiatique est de mise. Tout cela est d’une inutilité incroyable et dessert encore plus notre loisir préféré.


     


    C’est ici une réponse globale aux différents articles, nous allons essayer de faire court sans détailler de nouveau les faits connus, conserver un fond d’autocritique indispensable (à tous !) et ouvrir des perspectives.


     


    Depuis l’affaire de Vingrau et globalement une judiciarisation progressive de l’accidentologie, les conventions historiques pour la gestion des sites ont montré le danger financier et juridique qu’elles représentent pour le gestionnaire associatif qu’est un club ou une fédération.


     


    Ainsi depuis 2017, un autre modèle à été mis en place par la FFME, il repose sur une réalité très répandue en accord avec le droit français ; la collectivité garde la responsabilité de « la chose » et se couvre grâce à des contrôles et des contrats d’entretien lorsque cette garde s’accompagne d’un risque lié à une défaillance de l’équipement (exemple : panier de basket, routes…).


     


    Depuis 2017, nous savons donc qu’il faut transformer les anciennes conventions et le national nous sollicite périodiquement. Déjà pour un certain nombre de sites anciens et tous les nouveaux, c’est chose faite, mais il en reste encore beaucoup et bien évidemment ce changement peut inquiéter le propriétaire public ou privé et faire naître des situations de blocage plus ou moins durables par endroit.


     









    La lettre de Pierre You :










    Il faut noter la grande maladresse de la communication dans un contexte sanitaire qui tend les personnes et les fait réagir vivement. Ce courrier a été ressenti comme un autoritarisme vertical et opportuniste, on en mesure les conséquences en termes d’image !


     


    Quelques points à préciser : Cette décision du conseil d’administration aurait dû être validée en AG, ce qui n’était pas forcement acquis, un sujet aussi important méritait un véritable débat et non pas une décision pris à la va vite. J’affirme que ce n’est pas à une équipe sortante qui n’a pas su vraiment résoudre le problème et qui ne fait sans doute plus l’unanimité, de prendre une telle décision maintenant.


     


    Ce sera la mission d’une nouvelle équipe présidentielle que de préserver nos sites. Elle pourra s’appuyer sur les comités territoriaux en travaillant plus collectivement.


     


    Philippe Bugada suggère de lancer des états généraux pour les SNE en y associant tous les acteurs et partenaires, c’est une très bonne initiative qu’il faudra mettre en place.


     


    Aujourd’hui, il nous reste du temps car l’assureur a laissé un délai (fin 2021) et nous avons demandé un moratoire jusqu’en 2022. Si nous savons qu’à moyen terme, en l’état actuel du mode de licenciation, la situation ne sera pas tenable avec ces conventions de 1ère génération, nous avons tout de même un certain répit pour réfléchir à tout cela.


     


    Il y a des réalités incontournables que nous ne changerons pas dans un intervalle de temps réduit pour un sujet si « futile ». Tout d’abord, il y a le droit français autour de la propriété privée, de la responsabilité et de la réparation faite aux victimes, même quand le sénat pousse pour assouplir le principe de la « responsabilité sans faute », les députés bloquent. Ensuite, le modèle français de l’organisation du sport articulée autour des fédérations et pour lesquelles l’état délègue de plus en plus des missions qu’il assurait avant. Ce paysage réglementaire ne changera pas pour les beaux yeux de la grimpe.


     


    Les 2 autres fédérations qui gèrent quelques sites (FFCAM et FSGT), font-elles mieux ? Elles font appel à leurs bénévoles, comme nous ! Espérons qu’elles ne soient jamais confrontées à des accidents du type de Vingrau ou plus graves encore.


     


    L’exemple de « Greenspit » est montré par certains comme un modèle idéal, une solution providentielle qui permettrait d’échapper aux réalités qui nous torturent actuellement. C’est sans aucun doute un super club qui agit sur le terrain, communique efficacement auprès des grimpeurs et a développé de bons réseaux dans le milieu, personnellement, j’applaudis mais la portée reste très limitée. D’ailleurs, en quoi échapperait-il au droit et à la réglementation ? La Présidente engage-t-elle sa responsabilité en prenant la pleine garde de Mollans sur Ouvèze ou tout simplement en assurant au maire que la falaise sera bien entretenue ce qui est un contrat tacite d’entretien et donc le nouveau modèle préconisé par la FFME ?


     


    Il y a 35 ans, nous avons créé l’escalade club de l’Isère. C’était à peu de choses près le même modèle, les mêmes intentions sauf qu’à l’époque nous prêchions dans le désert, nous n’avons pu gagner en efficacité qu’à l’intérieur de la FFE et FFM regroupées. Beaucoup d’actuels présidents départementaux des grands départements riches en sites naturels, figures charismatiques de la grimpe en SNE, ont développé de manière incroyable les falaises dans leur région, ils ont tracé le chemin sans arrogance mais avec détermination. Soyons réservés, ne nous emballons pas avec des choses qui fonctionnent ici ou là mais se heurteront ailleurs à des refus.










    Site Sportif : milieu non spécifique !










    C’est un choix qui avait suscité de vives réactions mais malheureusement a été adopté. Il reposait sur l’idée de rassurer et ainsi de rendre plus facile l’accès à nos falaises pour les scolaires et les jeunes des clubs avec un mode d’encadrement moins contraint. Bien qu’étant également professeur d’EPS et ayant amené quelques générations d’élèves grimper dehors, j’ai toujours considéré que c’était une erreur! Je n’ai jamais compris quelle analyse avait fournie la Direction Technique Nationale aux élus pour qu’ils aillent dans cette direction. Au regard des problèmes actuels et de la désertion progressive des scolaires du milieu naturel, nous devons faire marche arrière et sans doute limiter cet « environnement non spécifique » aux sites « découverte » dont les caractéristiques s’apparentent à du mur d’escalade. Il faudra en étudier la faisabilité et peut être ferrailler avec des intérêts qui ne sont pas les nôtres.










    Le rôle de la puissance publique :










    C’est le grand oubli des rédacteurs des divers articles, la FFME est accablée et vue comme la seule responsable de la situation actuelle. Au regard du nombre de pratiquants hors licenciés (plus de 1 million en SNE, soit 10 fois plus) les sites sportifs d’escalade sont de fait un bien commun, un équipement « outdoor » tout public qui devrait être pris en compte par les collectivités (communes, Communauté de commune, département, région) à travers la participation au financement, la garde légale du site, voire l’acquisition foncière à des privés. Certaines le font (département de l’Isère entre autres), des maillages se mettent en place entre elles et d’autres s’en sont dégagées totalement et ce malgré l’obligation légale faite aux départements de gérer un PDESI.


     


    Les médias auraient été en droit de souligner ces défaillances, voire montrer du doigt les mauvais élèves, les politiques sont attentifs à leur image. Mais pour cela, il aurait fallu faire un vrai travail d’investigation auprès des collectivités.


     


    Pour autant, une implication accrue des collectivités ne doit pas dédouaner le grimpeur de participer à cette couverture assurantielle et au financement des sites. Beaucoup n’hésitent pas à payer 400€ pour un abonnement en salle.










    La professionnalisation de l’équipement :










    Lorsqu’un comité signe un contrat d’entretien avec une collectivité, son président doit s’assurer que les interventions sont réalisées en respectant les règles de l’art. A ce titre « professionnalisation » signifie avant tout montée en compétences des équipeurs. Pour une très grande majorité de falaises l’entretien est réalisé par des équipeurs bénévoles, des clubs. Il est fait appel à des professionnels pour les cas où nous n’avons pas les ressources en interne, ça concerne des sites « utiles » mais ingrats et sans retours glorieux, bref le genre de falaises qui ne figurent jamais dans les canards !


     


    Ce fonctionnement général permet une puissance d’action importante pour des coûts de réalisation très raisonnables incomparablement inférieurs à ceux d’entreprises privées.


     


    Nous défendons également âprement l’idée qu’ouvrir une voie en site naturel est un geste sportif au même titre que de grimper et fait partie de l’essence même de l’activité. L’ouverture industrielle serait un appauvrissement.


     


    Pour toutes ces raisons, les CT FFME, qui gèrent des sites dans leur territoire veulent en garder la maîtrise : création, ouverture et entretien. Affirmer le contraire est un mensonge !










    L’accès aux falaises :










    Deux questions sont restées sans réponse, la présidence de Pierre You a botté en touche, mais a-t-elle été vraiment aidée par son équipe ?


     


    Les SNE en libre service ? Tous les « non licenciés » accèdent librement aux falaises gérées par la FFME qui sera redevable en cas d’accident (les cas récents entre autres). Plus d’un million de grimpeurs en SNE pour 100000 licenciés qui doivent en supporter le risque. Un gestionnaire peut tout à fait réglementer l’accès s’il le juge souhaitable, c’est également le moyen de faire évoluer les mentalités chez les pratiquants et les politiques.


     


    Certains diront « c’est sa mission », il est interdit d’interdire ! Sûrement et dans l’absolu je souscris, mais à condition que la puissance publique tienne son rôle et assume ses responsabilités à minima !


     


    Alors on parle de licence «coca cola» des falaises, sorte d’idée « novatrice » qui permettrait de partager le risque entre tous les utilisateurs


     


    C’est toujours difficile de défendre des valeurs et de laisser les marchands entrer dans le temple. Malheureusement notre activité n’attire pas encore les mécènes. S’il faut bien des sponsors, ils doivent rester à leur place. Les entreprises qui voudraient s’investir, pourraient rembourser une part directement au pratiquant mais de là à conceptualiser une licence, il y a un pas !


     


    Ce type de licence reposerait donc sur la bonne volonté à l’acheter (rappelons la proportion actuelle 1 licencié pour 10 falaisistes). La FFME avec son concept de « RockClimber » explore cette direction mais se heurte pour l’instant à l’indifférence des pratiquants extérieurs.


     


    Alors la rendre obligatoire ? C’est un autre scénario, il faudrait surement une volonté du ministère et une proposition de loi mais qui concernerait sans doute un peu toutes les activités de pleine nature dites à risque sans parler des contrôles pour la faire respecter ! Usine à gaz…


     


    L’idée des états généraux prendrait ici toute sa valeur. Cette grande réflexion collective permettrait de mieux associer et préciser l’engagement des maires, des départements, du ministère et d’en déduire  les tickets d’accès possibles pour le pratiquant: licence fédérale (FFME, FFCAM, FSGT…), vignette, assurance… ou accès gratuit ! Un beau chantier au sens noble !


     


    La seconde question est celle de l’accès aux falaises sans conditions à des grimpeurs novices et incompétents en termes de sécurité, risquant de mettre en danger eux-mêmes voire les autres.


     


    Certains ont soumis l’idée d’un permis d’escalade. Ce point à été balayé par le national ! Pourquoi ?


     


    Notre conception de la liberté doit elle nous faire se réjouir quand on voit par exemple un papa au taquet assuré par son gamin trois fois plus léger ? Vaste débat !


     


    Peut être faudrait-il encourager en interne les grimpeurs licenciés, qui pratiquent en individuel, à valider les quelques compétences nécessaires à la sécurité en site sportif. Cette sorte d’attestation simple et peu contraignante à obtenir, pourrait faire l’objet d’une vérification sur le terrain ou d’une validation d’acquis et établie par un président de club, un professionnel, un cadre fédéral en activité (initiateur SNE). Cette recommandation « appuyée » outre son intérêt direct pour éviter les accidents ferait tâche d’huile et inviterait tout pratiquant à maîtriser sa sécurité en site sportif. Qui peut souhaiter le contraire ? Cela rapprocherait les pratiquants des clubs de la FFME ou d’autres fédérations, d’élargir la base des licenciés et finalement de partager le risque. Ajoutons qu’un front commun des trois fédérations autour de cette question serait le bienvenu même si la FFME gère la très grande majorité des sites.


     


    Il y a sans doute d’autres pistes, des meilleures peut être, des pires sans doute, ne doutons pas que la réflexion collective et le temps suffisant les fassent émerger.


     


    En attendant, calmons le jeu, soyons honnêtes dans les critiques et faisons, chacun de nous tous, correctement notre job !


     


    Cette turbulence aura permis aux comités territoriaux de se rapprocher et de constater qu’ils partagent les mêmes valeurs, c’est une force qui se met en route, pour cela croyons en des jours meilleurs


     


    Claude Vigier, FFME Isère, guide et équipeur encore en activité, pour la rédaction


     


    Co signataires (à noter que dans le laps de temps imparti, nous n’avons pu contacter tous les CT, nous leur présentons nos excuses)


     



    • Denis Hodoul président du CT01

    • Thibault Billard président du CT03

    • Patrice Garnier président du CT04

    • Natalie Fourbet présidente du CT05

    • Jean Luc Belliard président du CT06

    • Claire Euvrard, présidente CT 07

    • Vincent Besson, président du CT 12 et 48

    • Jean Claude Grand président du CT13

    • Patrick Violet président du CT21

    • Cyril Gilbert président du CT22

    • Jean François Valen président du CT24

    • Stéphan Paillard, président du CT 25

    • Pierre Legreneur président du CT26

    • Paul Jacquin président du CT29

    • Françoise RAULT-DOUMAX Présidente du CT 30

    • Patrick Doumas, président CT34

    • Bruno Roux président du CT38

    • Stéphane Grignan président du CT39

    • Jean Luc Rigaux président du CT42/43

    • Pascal Serra président du CT63

    • Corinne Soudan, présidente CT 69

    • Fabien Andrieu président du CT66

    • Pascal BRUM, président CT67

    • Yann Cardin, président CT 71

    • Fred Juarez, président CT 73

    • Xavier Ossola président du CT81

    • Alain Righi président du CT83

    • Pierre Duret président du CT84






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